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La cohésion sociale, un enjeu fondamental pour Olivier Deleuze. Rencontre.

D’entrée de jeu, Olivier Deleuze esquisse les grandes lignes de sa fonction, avec sa verve habituelle: «Un Bourgmestre, ça marie et c’est le chef de la Police. Etre Chef de la Police, je n’ai pas le choix. Marier, j’ai le choix. Et je le fais, car je trouve que c’est l’image d’un bourgmestre et que c’est chouette ! Par contre, j’ai demandé à être également responsable de la Prévention et de la Cohésion sociale pour former « un ensemble complémentaire et cohérent » avec la compétence de Chef de la Police. » 

Créer du lien, la base de la prévention
« La sécurité, c’est vaste. La Commune n’a pas de prise sur toutes les dimensions. Elle ne s’occupe, par exemple, pas de l’emploi. Par contre, tout ce qui fait que les gens se sentent chez eux dans leur quartier est du ressort de la commune : les Maisons de Quartier, le Marché… », constate notre Bourgmestre. C’est dans cet esprit qu’il travaille à la cohésion sociale à W-B, en créant du lien, entre les gens, et aussi, entre les services, car apprendre à se connaître, à s’apprécier, cela développe l’entraide plutôt que les conflits.

Une enquête d’opinions auprès des habitants de la zone de Police couvrant Watermael-Boitsfort, visant à cerner ce qui est perçu comme causes d’un sentiment d’insécurité montre un ordre qui n’est pas nécessairement attendu. C’est la vitesse des voitures qui arrive en premier lieu  – « on y travaille, notamment en développant les zone 30 dans les quartiers, en évitant les sens uniques, en aménageant des zig zag… », répond Olivier D. – ainsi que les cambriolages – « c’est notamment lié aux maisons 4 façades et aux venelles… », précise-t-il encore. Les actes de vandalisme, les agressions dans la rue, même s’ils existent et ne sont pas admissibles, ne sont cependant pas les menaces citées en premier par la population.

Les Maisons de quartier, piliers de la cohésion sociale
« En matière de cohésion sociale, l’enjeu, c’est l’intégration des populations d’origine allochtone », nous dit-il, « leur présence est en croissance, bien que lente, au fur et à mesure du turn over dans les logements sociaux. », explique Olivier. « Les Maisons de Quartier sont des lieux fondamentaux pour répondre à ce défi. », poursuit-il. « Vendredi soir, j’étais à une fête dans la Maison de Quartier des Archiducs, j’y ai croisé des personnes de différentes origines, des parents, des volontaires dans une atmosphère interculturelle et dynamique ! » .

Outre des lieux de rencontres, les Maisons de Quartier mènent des actions essentielles : cours d’alphabétisation, accès à la culture, lutte contre le décrochage scolaire… « En termes de cohésion sociale, l’accompagnement des enfants est absolument essentiel », nous dit Olivier. Pour mener à bien ces missions, le problème organisationnel numéro un : ce sont les locaux. Ils manquent cruellement, d’autant plus dans une commune où les maisons/logements sont coûteux. La Commune va devoir dégager des budgets pour trouver des locaux…

Une antenne « Plan de Cohésion Sociale » (PCS) vient d’être ouverte aux Trois Tilleuls (et sera inaugurée ce 24 novembre !). Bénéficiant notamment d’un subside régional, cette antenne est le fruit d’une collaboration « en bonne intelligence », précise Olivier D, entre Le Logis, qui a mis à disposition le local, la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale et la Commune, qui prend en charge le fonctionnement via le service de prévention*. Et en effet, depuis quelques temps déjà s’y déroulent des réunions d’habitants qui y partagent ce qui va, ne va pas et recherchent ensemble des réponses… L’opération Balai d’or a été notamment pour eux une occasion de mener une action concrète ! Un peu plus bas, dans la rue des Trois Tilleuls, un autre local va également être mis à disposition par le Logis, cette fois en coopération avec la Maison de Quartier du Dries qui pourra, d’ici fin novembre, y entreposer et distribuer les Colis alimentaires.

Des Gardiens de la Paix pour rassurer, apaiser, dialoguer
La Commune va bientôt engager des « Gardiens de la Paix ». L’objectif est d’assurer une présence préventive et rassurante dans l’espace public. « Je me suis renseigné auprès d’autres communes, cette démarche semble être bénéfique », souligne Olivier D.

Les trois agents seront entièrement pris en charge par la Commune. Ils vont travailler en horaire décalé, prestant dès 15h jusqu’en début de soirée et le week-end. Ils seront sur le terrain en permanence. « Ils vont agir comme médiateurs entre les Maisons de Quartier, la police, le public…», précise Olivier D.,  « rester calmes dans les situations tendues auxquelles ils risquent d’être confrontés, cela ne s’improvise pas et requiert une formation rigoureuse, donnée par l’Ecole Régionale d’Administration Publique (ERAP) ». Pour faire le lien entre les acteurs, une réunion mensuelle rassemblera les responsables des services de la prévention et de la cohésion sociale, la Police, le président du CPAS (aide sociale) et le Bourgmestre. Le temps d’organiser les modalités administratives (dont le règlement de travail), les Gardiens de la Paix devraient entrer en fonction dans quelques mois.

Multiplier les lieux et occasions de rencontres
La Commune n’a pas de pouvoir sur tout le contexte socio-économique et là où elle est le plus désarmée, à Watermael-Boitsfort, c’est devant le coût du logement et ce malgré sa proactivité pour créer de nouveaux logements… Par contre, là où elle peut jouer un rôle significatif, c’est en soutenant et suscitant les lieux de rencontres : fêtes de quartier, marchés, matchs sur grand écran… Au plaisir de s’y rencontrer prochainement !

 

*L’asbl Watermael-Boitsfort en plein air reçoit un subside annuel communal de 110,000 € auxquels s’ajoutent 750,000 euros d’autres pouvoirs publics pour mettre en œuvre les politiques de prévention et de cohésion sociale, sous la responsabilité de la Fonctionnaire de Prévention, Madame Françoise Berwart.