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L’avenir du champ des Cailles : la position d’ECOLO

Le champ des Cailles est en effervescence et ce n’est pas seulement à cause de l’arrivée du printemps. Le projet de construction de logements sur le champ suscite de nombreuses inquiétudes et réactions, comme en atteste notamment la pétition lancée par « Les ami-e-s du Champ des Cailles ». Par la voix de notre bourgmestre et des échevins, la Commune a demandé à la ministre bruxelloise du Logement d’étudier une localisation alternative à l’implantation de ces logements sur le champ, par exemple sur le terrain inoccupé situé en face du commissariat de police, avenue des Tritomas.

Propriété de la société de logements sociaux « Le Logis », le champ des Cailles est un terrain à bâtir et Le Logis l’a acquis à cette fin il y a plusieurs dizaines d’années. En 2012, la Région bruxelloise l’a inscrit sur la liste des terrains susceptibles d’accueillir de nouveaux projets de logements publics afin de répondre à l’essor démographique et d’offrir une solution aux nombreuses familles qui sont dans l’attente d’un logement. A l’époque, Ecolo estimait que, le champ étant un terrain constructible, il était préférable d’y initier un projet de qualité afin d’éviter que le terrain ne soit bétonné à l’image de ce qui a été fait à Ernotte Boondael.

Depuis 2012, Le Logis accueille sur le champ des Cailles une initiative citoyenne d’agriculture urbaine : « Le chant des Cailles ». Dans un premier temps, le processus participatif initié autour du Plan Logement communal a débouché sur l’idée de préserver un minimum de 2/3 de la surface du champ et donc de ne construire que sur 1/3 maximum afin d’assurer la pérennité de cette activité naissante.

L’actuel gouvernement régional (PS-Défi-CdH) qui s’est fixé comme objectif la construction de 6.500 logements publics neufs, dont 60% de logements sociaux et 40% de logements moyens a consacré cette répartition et a pris la décision de lancer des études d’architecture visant à mettre en œuvre cette option.

Un besoin de logement, en Région Bruxelloise et à Watermael-Boitsfort

Watermael-Boitsfort est une commune verte et villageoise où il fait bon vivre. Cependant, il devient plus difficile d’y habiter car les loyers y sont chers et les logements souvent peu adaptés aux conditions de vie d’aujourd’hui . Nous sommes d’ailleurs la seule commune de la région à perdre des habitants. Par ailleurs, 44.000 ménages bruxellois se trouvent sur des listes d’attente pour des logements sociaux et le temps d’attente est estimé à 10 ans pour les nouveaux candidats (RBDH, 2015).

Dans ce contexte, ECOLO estime que Watermael-Boitsfort doit prendre sa part dans l’effort pour répondre à l’essor démographique et à la crise du logement dans notre commune et à l’échelle de la région bruxelloise.

Afin de rendre notre commune plus accueillante aux jeunes ménages, aux familles et à nos aînés, tout en préservant ses dimensions villageoises et une forte présence de la nature, ECOLO et ses partenaires de la majorité ont pris l’initiative d’élaborer un « Plan logement Communal » initié par l’échevin ECOLO du logement, Benoît Thielemans.

L’objectif de ce plan est de permettre à la Commune d’orienter le développement du logement en concertation avec les acteurs du secteur et avec la participation des habitants, sans « subir » des projets régionaux inadaptés. Il permet de se doter d’une vision d’ensemble du logement public, de développer des solutions pour la mobilité, de maintenir une densité en rapport avec les quartiers adjacents etc.

A ce titre, le Plan Logement s’attache à utiliser au mieux le bâti existant et s’intéresse tant aux différents projets de construction qu’aux espaces non construits, et ce tant sur les terrains dont la commune est propriétaire que sur ceux appartenant à d’autres acteurs publics sur lesquels la Commune n’a aucune emprise directe.

Un projet d’agriculture urbaine remarquable dans un quartier qui évolue

Au fil des années, les activités citoyennes et professionnelles se sont développées et structurées sur le champ des cailles et de nombreux habitants de notre commune participent ou marquent leur attachement à ce projet. Celui-ci a connu un essor remarquable : production de fromage de brebis, maraichage, culture d’herbes aromatiques et médicinales, potager collectif, activités pédagogiques ainsi qu’une épicerie participative. Toutes ces activités impliquent à titre divers plusieurs centaines de citoyens et apportent une plus-value indéniable pour la commune et la région. Ecolo considèrent que ces activités contribuent à la cohésion sociale du quartier et participent à la transition vers une société plus durable.

ECOLO estime qu’il convient aussi de tenir compte de plusieurs évolutions qui se sont produites dans le quartier Archiducs – Cailles depuis la rédaction du plan logement :

- les perspectives de résorption du nombre de logements inoccupés à Floréal, notamment grâce la toute prochaine rénovation du bâtiment Hector Denis, au Square des Archiducs, dont le chantier devrait débuter très prochainement et l’amélioration de la santé financière de Floréal qui lui permet d’envisager, après les rénovations, la construction de nouveaux logements ;

- l’avancement et la confirmation de 4 autres projets de construction de logements moyens communaux qui se concrétiseront successivement dans les années à venir (environ 165 logements).

Une alternative au champ des Cailles pour répondre au besoin de logements

Ces évolutions positives ont amené l’échevin Benoît Thielemans a initier un travail d’argumentation selon la méthode AFOM (atouts, faiblesses, opportunités, menaces) avec les 3 acteurs directement concernés : Le logis, propriétaire du Champ des Cailles, Floréal, propriétaire du terrain à Tritomas et l’asbl Chant des cailles, occupant précaire du champ. Les conclusions de ce travail sont limpides : la volonté de préserver le champ des Cailles de toute construction au profit des initiatives citoyennes d’agriculture urbaine est très forte dans le chef des acteurs locaux, comme d’ailleurs de la Commune.

A l’issue de cette consultation, la Commune a adressé un courrier à la Ministre bruxelloise du Logement demandant à la Région de prendre le temps nécessaire pour étudier une localisation alternative à l’implantation de logement sur le champ. Ces constructions pourraient voir le jour sur le terrain inoccupé situé en face du commissariat de police, avenue des Tritomas, ou sur d’autres localisations équivalentes, ce qui permettrait de ne pas toucher à l’entièreté du terrain situé le long de l’avenue des Cailles et de préserver ainsi la totalité du projet qui s’y est développé.

ECOLO souhaite dès lors que les acteurs locaux de Watermael-Boitsfort qui demandent la préservation du champ des Cailles soient entendus par le gouvernement régional et que la priorité soit donnée à la rénovation des logements vides et à la finalisation des autres projets de logement public déjà engagés.